Sébastien Chauffray
Transcription
[00:00:16]
Tout d'abord, je vais commencer par un petit disclaimer pour éviter les déceptions et clarifier ce dont on va parler ce soir. Ce n'est pas forcément un talk très commun dans les conférences. Vous n'y trouverez pas de théorie ou de modèle sur comment gérer une transformation. Nous allons plutôt être dans un partage sur une expérience qui m'a beaucoup changé et les parallèles que l'on peut en faire avec une organisation. Le thème de cette track est un change, j'espère que vous pourrez y trouver des inspirations.
[00:00:42]
Le son a l'air très haché.
[00:00:45]
C'est pareil pour tout le monde.
[00:00:52]
Moi, ça va.
[00:00:55]
Ok.
[00:00:57]
Désolé Farouk.
[00:00:59]
Je commencerai par cette phrase« It's not the big that eats the small, it's the fast that eats the slow». On connaît tous cet adage qui anime nos organisations aujourd'hui et qui amène une nécessité de transformation et d'apprentissage continu. Cette notion de transformation est importante car on est presque tous convaincus qu'il y a besoin de transformation. Même si certains hésitent encore, je pense qu'on est presque tous convaincus, et il est souvent difficile de l'amener et de mettre en place ces changements nécessaires à la transformation. On se heurte souvent, si je suis à parler, entre une dualité, entre le souhait de changement et l'immobilisme ancré dans lequel on s'installe. Et avec un peu de recul, on peut identifier deux piliers essentiels à cette notion de transformation. Tout d'abord, on a les fondations de la transformation. Celles-ci sont portées par des individus qui croient profondément au changement. Sans eux, je suis persuadé que la transformation ne peut pas avoir lieu. Des individus qui croient profondément au changement, aux expériences et à l'apprentissage pour évoluer, pour atteindre un autre niveau. On peut se dire que la culture de la transformation au niveau de l'entreprise, elle s'appuie sur ces individus et sur ces diversités de pensée.
[00:02:08]
Ensuite, pour moi, le deuxième pilier, c'est cette notion d'individualité. Je la nommerai la pleine conscience des individus. En fait, une bonne connaissance de soi développe une autre façon d'agir, une autre façon de penser et nous offre un nouveau prisme. Apprendre à se connaître, à reconnaître ses sensations, ses émotions, cela nous offre une vision différente des événements. Et accepter ses émotions, ça nous permet également de mettre de la distance entre l'émotion et la réaction, et ça nous permet d'utiliser comme un levier. Donc ce soir, ensemble, on va parler de créer des conditions du changement, et non pas au niveau de l'entreprise, mais à un niveau personnel. Comment le fait de sortir de sa zone de confort peut changer notre façon de penser, et notre façon de voir notre environnement, notre façon d'agir.
[00:02:56]
Et en me basant sur des exemples personnels, je vais essayer de tracer les lignes entre le fait d'essayer la diversité dans notre vie et les résultats qu'on peut en obtenir. N'hésitez pas à réagir dans le chat, je vais essayer de le suivre d'un œil et on pourra le parcourir à la fin et répondre aux questions. Je vais essayer d'être pas très long pour qu'on puisse laisser de la place pour les échanges.
[00:03:18]
Avant d'entrer plus dans les détails, je me présente rapidement, ça va donner quelques éclairages sur ce retour d'expérience. Tout d'abord, un élément qui a toute son importance dans le talk de ce soir, vous verrez, je suis un heureux mari et père de famille. Ensuite, sur le côté professionnel, aujourd'hui j'assure le rôle de VP Engineering et Product à VP, donc on est le leader européen du déstockage en ligne. Et auparavant, j'ai beaucoup travaillé dans le monde de la santé où j'ai accompagné la croissance de différents produits. Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez retrouver sur Medium différents articles dans lesquels j'ai exprimé mes idées sur divers sujets comme le management des organisations ou autres.
[00:04:01]
Pour comprendre cette conférence, il faut rentrer un peu plus dans le détail de ma personnalité. Vous verrez ce soir, j'ai décidé de m'ouvrir, donc on va y aller pleinement.
[00:04:11]
Pour ceux d'entre vous qui connaissent le process com, j'ai une base travail au même qui est plutôt bien ancrée. Si j'essaie de synthétiser, le travail humain, c'est quelqu'un qui est axé sur la logique, le rationnel, Et il est souvent considéré comme responsable, il fonctionne par étapes, et il est reconnu pour l'organisation et l'anticipation des événements. Donc il n'y a aucun doute là-dessus, mes collègues au profil plutôt raver, qui se reconnaîtront, peuvent tester, je suis en plein dedans.
[00:04:40]
Juste un aparté, pour ceux qui ne sont pas familiers avec le process com, je conseille vivement d'y aller. Ah, nous avons un rêveur dans la salle. C'est très bien l'erreur, il faut tous les profils. Je conseille vivement d'y aller. C'est vraiment très important, autant sur soi que sur la compréhension des personnes avec qui on interagit au quotidien. Donc, ma base, travail humain. En complément de cette base, j'ai un goût prononcé pour l'apprentissage et besoin de découvrir, d'apprendre et de rencontrer pour avancer dans ma vie. Et à un moment de ma vie, assez tard pour te dire, je vais revenir dessus, je me suis dit que j'avais besoin d'électrochocs un peu plus forts pour diversifier ma façon de penser, pour me développer. Et j'y ai pris où? Et au fur et à mesure de l'expérience, ça a fini par m'offrir un vrai cas. Et on va voir ça au fur et à mesure de la soirée ce soir.
[00:05:33]
Je pense que vous connaissez tous ce qu'on appelle cette zone de confort, cette fameuse zone. C'est une zone psychologique dans laquelle on se sent en sécurité, on se sent en maîtrise de notre écosystème et où l'impromptu prend peu de place. Ça ne veut pas dire que c'est une zone qui est reposante, bien sûr que non, ce n'est pas une zone dans laquelle on s'ennuie. Mais on peut tout à fait déborder d'énergie, s'accomplir, mais on reste psychologiquement serein et on limite le stress de l'inconnu.
[00:06:01]
Par moments, on va essayer, on va s'essayer, on commence à prendre un peu de risque et on tente des approches, mais pas trop loin. Ça demande beaucoup d'efforts, ça demande de la volonté de s'éloigner. Et un peu comme la force de gravité, on est souvent ramené au centre. Et c'est un peu ce que, si on prend un autre parallèle qui est la pyramide de Maslow, c'est un peu ce que ça nous apprend avec la seconde position de cette pyramide, qui est la sécurité et la stabilité auxquelles on se raccroche souvent.
[00:06:27]
Il y a pourtant une idée très répandue qui existe, qui est que la magie, elle opère quand on sort de cette zone de confort. Une fois qu'on se donne les moyens de ne pas craindre le changement, de ne pas craindre l'inconnu, mais de s'essayer à autre chose, de commencer à comprendre nos réactions, notre adaptation à un monde qui est différent, Et c'est un peu une volonté de se remettre en question, en fait, et d'adapter nos modes de pensée, d'adapter nos avis à des situations qui sont différentes.
[00:06:59]
Un petit teaser par la suite, c'est une idée à laquelle je crois beaucoup, qu'en faisant l'effort de sortir de sa zone de confort, on apprend énormément.
[00:07:09]
Et on peut considérer ça comme un challenge de nos barrières psychologiques, pour se rendre compte que le changement n'est pas quelque chose de négatif, mais au contraire, qui permet d'élargir nos expériences et d'élargir nos rencontres.
[00:07:26]
Et cet éloignement, je l'ai tenté et je l'ai expérimenté plusieurs fois au cours de ma vie professionnelle et personnelle. Je ne l'ai pas fait tout de suite. Ça m'a pris du temps et même beaucoup de temps, on peut le dire. On va rentrer dans le vif du sujet, je vais commencer à vous décrire ces différentes étapes. Ma carrière, elle commence dans le domaine de la santé, dans des petites structures avec lesquelles j'ai grandi. J'ai accompagné la première société pendant un long moment et j'ai grandi au même rythme que la compagnie, donc d'un rôle de développeur à un rôle de head of engineering. Et même si le quotidien était très challengeant et très changeant au fur et à mesure de l'évolution de la société, j'en connaissais tous les recoins, j'étais vraiment dans ma zone. J'y suis resté dix ans. Dix ans avant que je commence à me poser des questions et avant que je commence à me réveiller. Il fallait peut-être que je regarde comment ça fonctionnait à côté et quelles étaient les pratiques qui pouvaient se faire à côté de cet écosystème que je connaissais tant.
[00:08:23]
Ça a été un mouvement qui a été assez difficile. On peut... Une sorte de cassure qui s'est passée, dans laquelle j'avais décidé de quitter quelque chose auquel je tenais beaucoup. Et j'ai donc fait un premier changement. Et au final, avec du recul, un changement qui était assez doux, car je suis resté proche de ma zone. J'ai pris à ce moment-là le rôle de CTO dans une société qui avait certes un contexte différent, mais où je retrouvais quand même beaucoup de repères. C'était toujours dans le domaine de la santé, c'était une même typologie de structure. Et bien que différent, il y avait des problématiques qui étaient très similaires à celles dans lesquelles je me retrouvais.
[00:08:58]
Et ce fut un petit changement qui m'a demandé beaucoup de temps, mais qui au final a vraiment porté ses fruits. J'ai énormément appris sur ce nouveau rôle, mais surtout, j'ai mis en marche le mécanisme et la volonté d'aller tester des choses différentes et de mettre des coups de boost à ma vie.
[00:09:19]
Et c'est là où j'ai commencé vraiment à mettre les pieds dedans. Autant y aller directement, je me suis lancé pendant cette expérience dans un exécutif training de 18 mois en parallèle de mes responsabilités de C-Level et de famille. Encore un grand merci à ma femme pour avoir supporté ça, c'était peut-être pas une très bonne idée à l'époque. Quoi de mieux que de retourner sur les bancs de l'école pour réactiver l'apprentissage? On a étudié des domaines qui sont à l'opposé de mon quotidien de l'époque. J'ai plongé dans le commerce, le juridique, la finance, le marketing et un tas d'autres matières. Lorsque mon quotidien, à ce moment-là, était la tech, l'humain et l'organisation. Et au final, c'était un vrai game changer sur beaucoup d'aspects. Tout d'abord sur l'ouverture d'esprit à des personnes qui avaient un background complètement différent du mien, qui n'avaient pas la même façon de penser. Et du coup, j'ai dû m'adapter à ces façons de penser différentes. Ensuite, il y avait le travail sur soi pour absorber la charge de travail de cet apprentissage. Continuer en parallèle de ma sonorité du quotidien. Et bien sûr, il y avait la rencontre avec des personnes incroyables qui me font toujours grandir aujourd'hui, au quotidien, bien que ce soit terminé.
[00:10:33]
Ce travail a continué à activer des cellules de l'apprentissage et c'est le moment du second coup de boost.
[00:10:40]
Et je dirais même le moment d'inconscience avec le recul. J'ai saisi pendant cette formation de 18 mois l'opportunité de changer de secteur et de taille d'entreprise et ainsi de rejoindre le groupe de vente privée, donc VIP maintenant.
[00:10:54]
Pourquoi je dis inconscience? Car autant dire que la formation plus l'onboarding dans un nouveau rôle, dans un nouveau contexte, ça a été ponctué de vraiment quelques moments difficiles. Disons que ce n'était pas un move qui était très conseillé pendant cette formation. Mais encore une fois, cette prise de risque, cette décision de changement, bien que très challengeante, elle a été très impactante pour mon évolution. Tant sur l'adaptation à une structure d'une taille sans aucune mesure, avec l'expérience précédente, que sur le type de challenge auquel je vais me confronter. Donc ça, c'était le deuxième coup de pied, si je peux l'appeler ainsi.
[00:11:35]
Et enfin, il y a eu ce troisième coup de boost, et c'est sans aucune mesure le plus marquant, c'était la décision avec ma famille de faire un break. Je disais au début que la partie mari et père de famille allait avoir son importance, donc là on est dedans, et on a décidé de changer. radicalement d'angle pour une période donnée.
[00:11:56]
Et c'est sur cet exemple précis que je vais m'attarder ce soir, en essayant de décrire comment un choix d'expérimenter autre chose a eu des impacts importants sur ma personnalité, mon mode de fonctionnement, et qui a clairement posé les fondements d'un changement à titre personnel.
[00:12:20]
Je continue à ouvrir la porte, j'ai dit que je m'ouvrais, j'y vais.
[00:12:24]
On a fait ce voyage, on l'a fait pour plusieurs raisons. Le premier, tout d'abord, c'était pour avoir du temps, pour prendre du recul et avoir une meilleure vision sur des sujets qui comptaient pour nous.
[00:12:36]
Le deuxième, c'était bien sûr être plus proche en tant que famille et offrir un autre type d'éducation à nos enfants. Apprendre d'autres façons de penser, et pas seulement la façon européenne. Et enfin, c'était ouvrir notre esprit, et notamment sur des thèmes de la culture, de l'environnement et de la société. Et pour être sûr de profiter pleinement de cette expérience, nous avions une philosophie qui était bien définie. Nous voulions ce voyage léger, simple et vraiment proche des autres. Et ces trois mots peuvent paraître simplistes comme ça, mais ils ont toute leur importance dans la façon dont nous avons vécu cette expérience et les apprentissages qu'on a pu en tirer. et avoir une meilleure vision sur des sujets qui comptaient pour nous.
[00:12:35]
Le deuxième, c'était bien sûr être plus proche en tant que famille et offrir un autre type d'éducation à nos enfants. Apprendre d'autres façons de penser, et pas seulement la façon européenne. Et enfin, c'était ouvrir notre esprit, et notamment sur des thèmes de la culture, de l'environnement et de la société. Et pour être sûr de profiter pleinement de cette expérience, nous avions une philosophie qui était bien définie. Nous voulions ce voyage léger, simple et vraiment proche des autres. Et ces trois mots peuvent paraître simplistes comme ça, mais ils ont toute leur importance dans la façon dont nous avons vécu cette expérience et les apprentissages qu'on a pu en tirer.
[00:13:18]
Là, on va toucher un point qui est vraiment important. Hello. Même si nous avons eu beaucoup de chance de faire un tel voyage, ce n'est pas par chance, comme on l'a beaucoup entendu. Nous avons voulu le faire. C'est un choix et qui implique de l'envie, une décision et aussi des sacrifices. Et le plus difficile ici, ça a été la décision. Et c'est là où commence l'apprentissage, et c'est bien avant le départ que cet apprentissage commence. C'est sans aucun doute un des plus grands impacts sur moi, c'était ce choix, ce choix de faire une vraie transformation. Et cette décision, elle n'a pas été facile à prendre. Même si l'idée était dans notre esprit depuis un certain temps, derrière le« oui, on y va», ce« oui, on y va» final, il y a eu de nombreuses étapes mentales à franchir.
[00:14:10]
De mon côté, même si je savais que ce serait une grande expérience, je disais souvent« ce n'est pas le bon moment». Peut-être plus tard, ce n'est pas le bon moment. Et selon le point de vue, c'était vrai, il y avait toujours de nombreux défis à relever dans ma vie professionnelle. Et comme j'ai toujours travaillé dans un environnement qui me plaisait, que j'ai beaucoup appris à chaque fois, je suis resté bloqué sur ce point de vue.
[00:14:30]
Et j'aurais pu y rester longtemps si je n'avais pas mis mes idées au clair sur ce que je voulais vraiment.
[00:14:37]
Disons que certaines encres mentales étaient difficiles à acheter. Au début, j'ai essayé de trouver des alternatives. Travail à temps partiel pendant le voyage, durée plus courte.
[00:14:47]
Au courant des pieds de ma femme, et qui me disait« mais pourquoi en fait toutes ces alternatives? » Qu'est-ce qui m'amenait sur cette voie de vouloir trouver une solution à mi-chemin entre ce qu'on voulait faire et ce que j'essayais de mettre en place?
[00:15:04]
Et en écoutant mes sentiments, j'ai finalement découvert que c'était de la peur. C'était la peur d'un changement profond dans notre vie, le risque de vivre autre chose, quelque chose qui était profondément différent pour moi.
[00:15:16]
Et c'était un grand pas pour moi de comprendre ça, de comprendre pourquoi je n'étais pas pleinement dans l'acceptation de ce qu'on voulait faire, pourquoi j'avais des freins qui me retenaient. Et j'ai commencé à regarder ce sentiment, à essayer de trouver d'où il venait. Et quand j'ai compris cette peur, son origine, j'ai pu avancer.
[00:15:34]
Ça a été un peu long du point de vue de ma femme et des enfants qui attendaient que je sois prêt. Mais voilà, cette analyse, c'est devenu une vraie force, car j'étais pleinement conscient de ces blocages. Et je les ai compris. J'ai pu prendre cette décision en connaissance de cause. Et en sachant que oui, j'aurai les ressources psychologiques de passer au-delà. Et ça a clairement renforcé ma confiance en moi sur tout un tas de sujets.
[00:16:04]
Tout à fait, Farouk, la sécurité psychologique, c'est exactement ça.
[00:16:10]
Et ça, ça a été un moment vraiment important. Je me souviens, ça s'est passé un soir où mon esprit est passé de« oui, nous devrions le faire» à« oui, c'est ce que je veux». Et en fait, ce sentiment, je l'appelle le déclic.
[00:16:23]
Et ça, ça m'a rappelé un événement qui a eu lieu cette même année, c'était en 2018. Un événement où j'ai ressenti ce même déclic, ce moment où votre cerveau passe de« je ne peux pas» à« oui, c'est ça que je veux faire».
[00:16:36]
La photo représente une buse, et c'est réellement cette expérience-là. C'est lors d'un stage que j'ai eu la chance de faire avec le GIGN en 2018.
[00:16:45]
Il fallait traverser dans une buse de 40 cm de large sur 11 m de long et sous la route.
[00:16:52]
Dit simplement comme ça, 40 cm les épaules, ça ne passe pas. Et là, c'est un travail psychologique énorme qui commence. Vous êtes devant la buse et c'est« je ne vais pas le faire, je ne peux pas, jamais j'y arriverai». Et en fait, on commence à se battre avec nous-mêmes tellement longtemps, à se dire« il faut que j'y aille, on est en groupe et il faut y passer parce que sinon le groupe reste là». Et en même temps, je ne vais pas y arriver. Et jusqu'au moment où vous avez ce déclic, où votre cerveau se met en marche et se dit« mais si, je peux le faire». Et à ce moment-là, c'est complètement différent, vous avez des aptitudes qui vous permettent de le faire. Et on est passé à travers cette buse. Et ce sentiment, j'appelle le déclic.
[00:17:32]
important et puissant, mais c'est en même temps tellement simple dans la signification que ça apporte. Ça signifie simplement que nous créons nos propres barrières et que nous sommes nous-mêmes un obstacle à là où nous souhaitons aller.
[00:17:45]
Et dit simplement, on doit juste les identifier pour savoir les appréhender. Et savoir s'écouter, savoir reconnaître. Nos blocages nous permettent d'avancer, de se transformer et de transformer au-delà.
[00:18:00]
Donc si je reviens sur le voyage, est-ce que ça nous a appris? Donc ce premier mois de voyage, quels ont été les retours après le premier mois? Tout d'abord, la première impression, c'est qu'on pensait, avant le voyage, avoir besoin de plus de temps pour nous adapter, de passer d'une vie active à une vie totalement différente. Et de manière surprenante, l'adaptation a été très rapide. Et les premiers effets se sont fait sentir très rapidement. Le premier effet, je pourrais l'appeler le lâcher prise.
[00:18:28]
La planification, l'anticipation, la préparation, on a décidé de mettre tout ça de côté pour laisser la place à la surprise. Ne pas prévoir de transport ou d'hôtes à l'avance et voir ce qui peut arriver. Rencontrer des gens sympathiques ou juste vivre des situations parce qu'on n'est pas obligé à cause d'un plan et de suivre quelque chose qui est écrit à l'avance.
[00:18:48]
Le deuxième effet, je l'appellerais l'ouverture sur le monde qui nous entoure. Et on avait l'habitude de penser, d'agir et de voir à travers notre mentalité européenne. Et il n'est pas facile de s'ouvrir et de laisser venir d'autres façons de penser. sans utiliser de filtre naturel. Mais une fois qu'on a laissé la porte ouverte, qu'on a laissé la place à ces différences, on obtient des comportements qui sont vraiment différents.
[00:19:15]
Comme tout à l'heure, comme pour l'histoire de l'abus, prendre le temps de comprendre, de s'essayer et d'adapter notre façon de réagir à ces nouvelles choses, à notre nouvel environnement, comme par exemple la relation au temps. Ne pas courir après, mais vivre avec le temps présent. Et ça, c'était un des premiers apprentissages du voyage.
[00:19:38]
Donc concrètement, ce voyage a duré huit mois. Et outre le fait de voyager, le plaisir d'être ensemble et de découvrir des choses nouvelles, qu'est-ce que ça nous a apporté concrètement? Ce voyage a eu un impact vraiment important sur nous. Certains se sont produits. Pendant le voyage, très rapidement, d'autres quelques mois après, et d'autres encore sans aucun doute se produiront plus tard. Et notamment pour les enfants qui se sont forgés une mentalité qui va les aider à grandir d'une manière différente. Je vais classer ces changements en trois grands thèmes. Et le premier, qui fait résonance avec ce que je dis depuis tout à l'heure, c'est la connaissance de soi.
[00:20:21]
Nous avons eu le temps pendant ce voyage de prendre du recul par rapport à la vie quotidienne. Ce qui nous a permis de développer nos pensées sans être dérangés par des activités habituelles. On a aussi eu le temps de revoir nos actions, nos décisions et nos réactions du passé. On a eu le temps de les analyser et de les comprendre. Pourquoi, dans telle situation, j'ai réagi de telle manière? Comment je pourrais l'aborder d'une manière différente si je prenais le temps de comprendre ce qui s'est passé? Et ça, ça nous a permis d'avoir une meilleure connaissance de nous-mêmes, de nos sentiments, et nous a donné des moyens de faire face à des situations qui peuvent se présenter. L'un des meilleurs exemples, ça se trouve dans la relation humaine. Nous avons rencontré beaucoup de nouvelles personnes, nous sommes rentrés dans leur vie quotidienne, dans leur maison, et on a été confrontés à de nombreux sentiments pendant ces moments-là. Parfois, nous étions déstabilisés par des comportements et on ne savait pas comment réagir. Et face à ces situations, on a appris à reconnaître les sentiments qui nous envahissent, puis à adapter nos réactions. À comment est-ce qu'on réagissait à l'accueil qui nous était fait. On a appréhendé le sentiment de déstabilisation pour agir d'une manière différente. Et ça, ça a été très utile pour appréhender chaque nouvelle situation. Et sans aucun doute, ça a changé notre perspective sur les relations humaines, sur comment on aborde le contact avec l'inconnu.
[00:21:50]
Donc ça, c'était le premier apprentissage.
[00:21:55]
Le deuxième apprentissage est aussi un exercice sur nous-mêmes.
[00:21:59]
Pendant ce voyage, on n'avait plus nos voies de sortie habituelles pour nous reposer l'esprit, comme le sport ou les temps de commute. C'était un voyage en famille, et quand je dis famille, ce n'est pas un voyage en couple, mais en famille, donc avec des enfants. Et aussi merveilleux que nos enfants étaient pendant le voyage, ils avaient besoin de beaucoup d'attention et nous étions ensemble 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Et ça, ça demandait beaucoup d'énergie et un vrai travail sur soi pour gérer un flux constant de sollicitations.
[00:22:30]
Et dans les moments difficiles, là où la fatigue joue un rôle important dans nos réactions, Nous avons appris à analyser nos sentiments avant de réagir et à adapter nos réponses. C'était parfois un exercice complexe, et il l'est toujours. Mais on a beaucoup appris avec lui et on a acquis des meilleures compétences en matière de gestion des sollicitations et en matière de repos psychologique pour absorber ce flux de sollicitations qui nous arrive.
[00:23:06]
Donc ça, c'est le deuxième grand apprentissage.
[00:23:12]
Et là, c'est probablement la compétence la plus visible qu'on a améliorée au cours de ce voyage, l'adaptabilité.
[00:23:21]
Nos choix concernant notre façon de voyager nous ont amené à développer un fort sens de l'adaptation. On avait pris l'habitude de ne rien prévoir, de dormir dans des maisons locales, de partager la vie quotidienne des gens et de choisir les moyens qui facilitaient les rencontres. Chaque fois que nous sommes arrivés dans une nouvelle famille, d'une culture différente, nous avons dû comprendre leur motivation pour nous accueillir, leur façon de penser et leurs attentes.
[00:23:52]
Il y a eu beaucoup de questions de notre tête. Nous accueillons-t-il juste pour le plaisir d'échanger? Y a-t-il un intérêt derrière cet accueil? Quelles sont les règles à l'intérieur de la maison? Comment nos actes ou nos paroles peuvent-ils sembler inappropriés dans cette culture différente? Comment pouvons-nous agir sans se sentir gênés dans cette maison? Et on s'est senti parfois un peu diminué. On a développé des sens qui nous ont aidés à faire face à cette situation de sentiment d'être diminué, à comprendre rapidement l'environnement et à agir de manière appropriée à ce moment-là.
[00:24:32]
Et ne rien prévoir, ça signifie aussi beaucoup de surprises. Et on a dû faire face à différents types d'événements et gérer notre réaction pendant que nous trouvions une solution. Par exemple, si je prends être dans la nuit sans avoir un endroit où dormir, et avec les enfants qui nous demandent où est-ce qu'on dort, quand est-ce qu'on arrive, etc. On va gérer la recherche plus l'inquiétude des enfants. Donc prendre sur soi et rassurer la famille sur le fait qu'on trouvera. Pareil, être tard dans la nuit sur une route de gravure nulle part, sans réseau, Et c'est à ce moment-là que la voiture choisit de tomber en panne. Et ça, c'est une situation toujours amplifiée par la gestion des enfants et le fait de devoir rassurer et gérer l'inconnu.
[00:25:15]
Ou encore un autre exemple qui est de gérer des relations seulement avec des sourires. Où les gens répondent toujours oui aux questions parce qu'on ne se comprend pas. Et ça, ça amène à des très très beaux quiproquos.
[00:25:28]
Une des leçons principales, c'est que, étonnamment,
[00:25:32]
C'est devenu assez facile à gérer au fur et à mesure que nous développons notre capacité d'adaptation. La gestion de l'inconnu et la gestion de ces circonstances inhabituelles devenaient de plus en plus faciles à gérer du fait du développement qu'on avait réussi à avoir.
[00:25:53]
Je vais maintenant aborder une partie sensible. En regardant un peu plus près dans cette aventure, il y a certains parallèles que l'on peut faire. Je m'en excuse d'avance si je peux choquer quelques personnes en le faisant.
[00:26:09]
Je n'ai pas l'habitude de faire un parallèle entre le travail en équipe et la gestion des enfants, mais au cours de cette aventure, il y a quand même eu de nombreuses similitudes qui méritent d'être soulignées. Et juste en précisant, ce n'était pas un petit changement. Nous avons changé leurs repères, nous les avons entraînés dans une aventure qui n'a rien à voir avec ce qu'ils connaissaient, et avec des gens qui ne parlent pas la même langue.
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Si on fait le parallèle, on est très proche d'une situation du changement. Vous ne trouvez pas? Donc, faisons quelques parallèles.
[00:26:46]
Tout d'abord, partager la vision. Lorsque nous avons annoncé ce projet aux enfants, ils ont été très contents de le faire et très heureux de le faire. On avait pris soin à l'avance de préparer le matériel nécessaire. Une carte, une belle vidéo, un superbe livre d'annonce. On avait réuni toutes les conditions pour bien leur expliquer ce que nous voulions faire. Pourquoi? Et ce qu'ils découvraient au cours de ce voyage.
[00:27:10]
Et même avec le fait qu'ils seront loin de leurs amis, ils étaient heureux.
[00:27:14]
Et on a dû répéter plusieurs fois le but de ce voyage pendant le voyage lui-même. Même s'ils le connaissaient bien, il est nécessaire de diffuser cette vision autant de fois que nécessaire. Et je dirais surtout dans les moments difficiles, et surtout dans les moments difficiles. Ça vous parle? Quand vous devez emmener votre équipe dans les moments difficiles, pourquoi est-ce qu'on le fait?
[00:27:38]
Ensuite, le second parallèle, c'est trouver les motivations profondes.
[00:27:46]
Tant pour le voyage en lui-même que pour d'autres moments quotidiens, comme les devoirs par exemple. Et là, il est nécessaire de comprendre les motivations qui nourrissent nos enfants afin de gérer notre discours et la bonne manière qu'ils soutiennent pour le projet. Je peux dire qu'il n'a pas été facile de trouver les motivations profondes pour faire le devoir au fil des jours. Et de trouver les motivations, les moteurs et générer l'engagement en s'appuyant dessus.
[00:28:14]
Ensuite, supprimer les contraintes.
[00:28:18]
Il est nécessaire pour qu'une équipe efficace,
[00:28:24]
Il faut qu'elle ait le moins de dépendance possible et qu'on supprime les contraintes extérieures.
[00:28:30]
Et ça, on a fait la même chose pendant le voyage, en essayant d'être aussi indépendant que possible. C'est peut-être contre-intuitif au début, mais l'autostop était un bon moyen de le faire. Nous n'avons pas eu besoin de réserver des billets. Ni d'être dépendant d'une compagnie de tiers, se trouver un moyen de nous rendre au point de départ. Même si nous avions encore besoin des voitures pour nous emmener, nous avons supprimé beaucoup de contraintes en limitant le besoin extérieur. On a essayé d'être le plus autonome possible, d'être un groupe autonome.
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Un autre parallèle, c'est l'environnement de travail. Pour permettre à nos enfants de participer pleinement au voyage, nous devions leur fournir un environnement de voyage. Donc par analogie avec l'environnement de travail, aussi approprié que possible, afin que cet environnement ne soit pas un obstacle ou un frein à l'expérience. Et c'est ce que nous avons fait, par exemple avec les sacs de voyage. Nous avons essayé, on a réussi de voyager avec le moins de matériel possible, et donc avec le plus petit sac possible. Et c'était une bonne chose de ne pas avoir à se soucier de la lourdeur de notre environnement pendant nos déplacements.
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L'adaptation, vous le savez, les événements imprévus ou le travail non planifié d'une équipe, ça change vraiment la donne. Tout ce que vous avez promis, délivré, là où vous voulez y aller, peut être complètement perturbé par cette gestion de l'imprévu si on ne sait pas bien s'y préparer.
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Et si on n'est pas préparé à y faire face, ça peut compromettre l'ensemble de votre planning. Et comme on l'a vu un peu avant, nous avons appris à faire face avec toutes les capacités qu'on a développées et à mieux gérer cet imprévu pour ne pas que ça interfère dans le projet.
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Et enfin, je dirais que la dernière comparaison, c'est le family building. C'était l'un des buts de notre voyage, de passer du temps ensemble, de vivre des moments forts ensemble et d'accroître la complicité. Et ça a marché. Nos enfants sont devenus de vrais amis pendant le voyage et on a créé des vrais moments forts avec eux. Et c'était essentiel pour réussir à construire cet incroyable moment.
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Voilà, j'arrive à la fin de ces comparaisons. Si je devais finalement résumer toute cette expérience, si je devais retenir une seule leçon, C'est faites confiance à votre capacité d'adaptation. On va taxer mon message pour ce soir.
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Et merci à tous.